Inauguration de l’îlot Émile-Duclaux à Suresnes

Lundi 15 avril, après quatre années de travaux de démolition et de construction, un peu plus de 200 personnes se sont réunis pour fêter la renaissance de l’îlot Émile-Duclaux. Niché au cœur d’un ensemble historique de logements ouvriers devenus insalubres dans les années 90, ce programme de réhabilitation voit aujourd’hui cohabiter en un même lieu des logements sociaux, une pension de famille, un jardin écologique, un restaurant et une galerie d’artisanat d’art.

Conduite main dans la main par la Ville de Suresnes, CITALLIOS, l’opérateur immobilier Perl et les équipes de 3F Résidences (Groupe Action Logement), la réussite de la rénovation exemplaire de cet îlot réside dans la vision initiale qui a été de conserver sa vocation sociale historique du lieu.

Comme l’a précisé le jour de la cérémonie le directeur général de PERL, Thomas de Saint Léger, « l’enjeu de cette opération était de financer un foncier au coût élevé tout en proposant aux futurs occupants des loyers abordables ». En effet, le mix entre les financements privés et publics ont notamment permis la construction de 69 logements cofinancés en usufruit locatif social (ULS). L’usufruit temporaire ayant été acquis par Hauts-de-Seine Habitat pour une durée de 15 ans.

Daniel Talamoni, Directeur général de CITALLIOS a quant à lui tenu à « remercier l’ensemble des acteurs qui ont activement contribué, par leur audace et leur abnégation, à réaliser cette opération doublement complexe (…) » : à la fois en termes de travaux, puisque l’opération a été réalisée dans un site contraint (3 700 m² répartis sur 135 mètres de long), mais aussi en termes de montage administratif pour favoriser l’accession sociale et développer la pension de famille.

À ce titre, Jean Tournoux, président de 3F Résidences, a rappelé que « la qualité sociale de l’Opération a toujours été l’ADN de l’entreprise ». Avec la pension de famille, 3F Résidences a ici développé une véritable solution de logement dont la gestion a été confiée à l’association Aurore.

« Pour changer une ville, il faut de l’ambition, des valeurs et une vision… mais pas seulement urbanistique. » En ces termes, M Dupuy résume le choix qui a été fait « d’installer une pension de famille, structure originale qui permet à ceux qui ont été particulièrement éprouvés par la vie de se reconstruire dans un environnement chaleureux et humain ».

Un programme de relogement pour cette ancienne résidence ouvrière devenue insalubre

C’est au début du 20ème siècle que la petite résidence ouvrière Émile-Duclaux a été construite. Au fil du temps, les logements ont périclité et ont fini par se trouver dans un état de délabrement très avancé.

Au début des années 90, au vu de l’état de l’ensemble et la dispersion des propriétaires, il a été difficile de lancer un programme de réhabilitation. Avec l’aide la SEM 92 (devenu CITALLIOS en 2016), décision est prise de reloger tous les occupants en proposant des logements de meilleure qualité à des loyers similaires. Aux yeux de Christian Dupuy, maire de Suresnes, cette « reconquête urbaine se devait d’être respectueuse de l’histoire de la Ville ». La municipalité a en effet « toujours eu à cœur de maintenir une mixité sociale équilibrée ».

Une galerie d’artisanat d’art Art Déco et un jardin intérieur : lieux de vie et d’échanges

Avec l’installation d’une galerie des Métiers d’art de 1 200 m² composée de 14 locaux artisanaux et d’un restaurant, l’ouvrage constitue la véritable pierre angulaire de l’opération. Avec son installation, la Ville a souhaité contribuer à la préservation de savoir-faire qui représentent un véritable patrimoine culturel français, mais aussi répondre à un besoin économique. Christian Dupuy souligne d’ailleurs « que l’Ile-de-France constitue le creuset de ces métiers, mais que paradoxalement, les artisans d’art rencontrent des difficultés croissantes à trouver des locaux adaptés à leur activités, proches de la capitale et à loyers modérés ».

Du point de vue de Claude-Yves Mazerand, architecte du projet, la galerie est « la pièce maîtresse de l’ensemble, le clou de la démarche architecturale. Par sa verrière, ses vitrines, ses grilles de fermeture etc. elle évoque les galeries parisiennes du 19ème siècle sur lesquelles s’ouvraient les ateliers des artisans ». L’entrée de la rue Émile-Duclaux est notamment abritée par une marquise en verre et fer forgé, caractéristique de l’Art Déco, qui lui confère un remarquable esprit d’élégance. Les façades des immeubles aux lignes géométriques pures, aux menuiseries métalliques et aux garde-corps en fer forgé donnent à l’ensemble « une cohérence et une harmonie au service d’une forte identité ».

À l’entrée de la rue Émile-Duclaux, la galerie artisanale s’ouvre sur un jardin paysager traversant de 500 m² qui effectue une liaison piétonne jusqu’à la rue Rouget-de-Lisle. L’Agence paysagiste AFP en a défini l’esthétique d’ensemble, le cadre de vie, le choix des végétaux et des matériaux. Elle a mis à profit les nombreux plateaux qui rythment le chemin pour varier les essences végétales et les paysages. Avec l’amélioration du traitement de l’eau à la parcelle, la valorisation des apports solaires passifs et l’optimisation de la performance acoustique et thermique des bâtiments, l’îlot Émile-Duclaux a privilégié une réelle qualité environnementale.

Une mixité des usages qui allie harmonieusement social, écologie et artisanat d’art

• 14 locaux artisanaux en rez-de-chaussée
• Un restaurant
Construction de 115 appartements, dont :
– 89 logements sociaux (dont 69 en Usufruit Locatif Social et 20 logements sociaux pérennes)
– une pension de famille de 26 appartements
• Un jardin écologique traversé par une liaison piétonne douce
• 132 places de stationnement souterrain

L’ilot Émile-Duclaux en 7 dates

1903 : construction de l’îlot pour y loger les ouvriers et leurs familles, travaillant dans les nombreuses usines des bords de Seine.
1960 : jusqu’alors propriété d’un bailleur unique, l’îlot est vendu et devient une copropriété. Il commence à se dégrader.
1992 : lancement de la procédure d’acquisition par la Ville et premières propositions de relogement.
2014 : obtention du permis de construire
2016 : après désamiantage et démolition des anciens bâtiments, début des travaux.
2017 : aménagement du jardin
2019 : inauguration

Par sa réalisation triplement exemplaire, la conservation de la dimension sociale et historique du site, l’insertion d’une grande qualité environnementale et le soutien à l’artisanat d’art, cet îlot est aujourd’hui tourné vers un réel espace de vie de qualité qui permet à la fois de vivre, travailler et se détendre en toute quiétude.

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© Nicolas Leser – CITALLIOS